Les causes de l’échec de la prise de décision de sociétés :-2 la perception; Effondrement ; Jared Diamond

  1. La perception : une société peut percevoir ou non qu’un problème se pose vraiment.
  • Les origines de certains problèmes ne peuvent littéralement pas être perçus. (les nutriments responsable de la fertilité des sols sont invisible à l’œil nu, une fois épuisé tout dépend de leur taux de renouvellement).
  • La distance des gestionnaires par rapport à l’endroit de manifestation du problème. Le problème est potentiel dans toute société ou entreprise importante. (Une société forestière basée à Seattle peut ignorer que faute de nettoyage, leur parcelle du Montana présente de grand risque d’incendie).
  • La tendance lourde marquée par des fluctuations. Le réchauffement global en est l’exemple de choix à l’époque contemporaine. Nous comprenons désormais que les températures de par le monde ont montés au cours des décennies récentes en grande partie du fait des changements atmosphériques causés par les hommes. Cependant, le climat n’a pas exactement augmenté de degrés par an. Il fluctue de façon erratique d’une année sur l’autre : trois degré de plus un été que le précédent, deux degrés de plus que l’été suivant, un degré de moins encore le suivant,….

    Les hommes politiques parlent de « normalité rampante » pour désigner ce type de tendances lentes œuvrant sous des fluctuations bruyantes. Une autre dimension liée à la normalité rampante est l’amnésie du paysage » : on oublie à quel point le paysage alentour était différent il y a cinquante ans, parce que les changements d’année en année ont été aussi graduels.

    L’amnésie du paysage répond en partie à la question de mes étudiants : qu’a pensé l’habitant de l’Île de Pâques qui a coupé le dernier palmier ? Nous imaginons inconsciemment un changement soudain : une année, l’île était encore recouverte d’une forêt de palmiers parce qu’on y produisait du vin, des fruits et du bois d’œuvre pour transporter et ériger les statues ; puis voilà que l’année suivante, il ne restait plus qu’un arbre, qu’un habitant à abattu, incroyable geste de stupidité autodestructrice. Il est cependant plus probable que les modifications dans la couverture forestière d’année en année ont été presque indétectables : une année quelques arbres ont été coupés ici ou là, mais de jeunes arbres commençaient à repousser sur le site de ce jardin abandonné. Seuls les plus vieux habitants de l’île, s’ils repensaient à leur enfance des décennies plus tôt, pouvaient voir la différence. Leurs enfants ne pouvaient pas plus comprendre les contes de leurs parents, où il était question d’une grande forêt, que mes fils de 17 ans ne peuvent comprendre aujourd’hui les contes de mon épouse et de moi-même, décrivant ce qu’était Los Angeles il y a quarante ans. Petit à petit, les arbres de l’île de Pâques sont devenus plus rare, plus petits et moins important. À l’époque où le dernier palmier portant des fruits a été coupé, cette espèce avait depuis longtemps cessé d’avoir une signification économique. Il ne restait à couper chaque année que des jeunes palmiers de plus en plus petits, ainsi que d’autres buissons ou pousses. Personne n’aurait remarqué la chute du dernier petit palmier. Le souvenir de la forêt de palmiers des siècles antérieurs avait succombé à l’amnésie du paysage.

Extrait Pg656-660

Effondrement ; comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie ; Jared Diamond ; collection Folio essais ; Gallimard ; 2006

Ce contenu a été publié dans Environnement, Politique, Psycho, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *